Jeu de Guerre ? Pourquoi l’armée l’adore…

Jouer aux jeux de guerre (jeu vidéo ou sur Internet) inspire aux personnes de l’entourage une certaine appréhension. Mais ces jeux violents qui font peur entrent aussi dans l’entraînement d’un soldat de métier…

Le jeu de guerre a mauvaise presse. On l’accuse de participer à la montée de la violence dans la jeunesse, de fasciner les jeunes gens au point de les détourner de leurs études… Mais il est une profession où le jeu de guerre est reconnu pour ce qu’il est en réalité lorsqu’il n’est plus un passe-temps, mais un élément du système d’entraînement des forces armées d’un pays.

Le jeu de guerre, comment s’entraîner à l’économie :

Pour éviter de dépenser d’importants moyens en termes de matériel, et de personnel, les armées modernes utilisent maintenant des simulateurs pour apprendre aux pilotes à piloter leurs avions de chasse, ou des hélicoptères d’attaque. Comme l’électronique entre désormais pour une part de plus en plus importante dans le fonctionnement des appareils et des véhicules, les exercices sur simulateur ne présentent pas de réelle différence avec ce qui arrive dans la réalité, sur un théâtre d’opérations. Mais la vidéo donne des possibilités encore plus grandes, en permettant la simulation en réseau, et la représentation virtuelle d’un champ de bataille. Avec ses blindés, toute la logistique, les positions d’artillerie ! C’est la simulation opérationnelle, ou comment le contribuable paye les militaires à jouer aux jeux de guerre sur un écran d’ordinateur…

 

 

Le jeu de guerre, un entraînement de soldat diversifié :

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Des soldats de plomb, en passant par la caisse à sable, jusqu’à la numérisation du champ de bataille, l’incroyable histoire des jeux de guerre

Si le jeu de guerre permet d’éviter le gaspillage des munitions et quelques inévitables accidents (les légendaires 7% de perte) collatéraux, il donne la possibilité aux soldats en section de combat de s’entraîner à moindre frais dans des situations diverses, et d’acquérir de l’expérience pour son métier dans des conditions pédagogiques favorisant l’assimilation par le jeu. Des jeux de guerre proposent ainsi de répéter des gestes professionnels avec la possibilité d’acquérir des réflexes nécessaires à l’analyse des situations de conflit, où la vie des soldats de métier est en jeu. Ainsi et comme pour ces “serious games” qui ravissent les responsables des ressources humaines, à jouer à la guerre, le soldat oublie qu’il va la faire. Les jeux flash ou vidéo (peu importe en réalité la technique utilisée) pour le mettre en action, offrent des opportunités d’entraînement variées, qu’il s’agisse :

  • De tirs sur cible, fixe ou mouvante ;
  • De tactique d’attaque ou de repli ;
  • De combat tournoyant dans les airs ;
  • De pilotage de véhicules blindés ;
  • De franchissement d’obstacles ;
  • D’affrontements à l’arme blanche ;
  • De défense de positions fortifiées ;
  • De mise en situation de commando ;
  • De bataille navale ;
  • De récupération en milieu hostile ;
  • De gestion des forces sur un théâtre…

Les jeux de guerre à l’inverse des autres technologies qui servent d’abord aux professionnels pour se démocratiser ensuite dans le grand public, sont passés eux de la société civile et des arcades des centres commerciaux, au monde hermétique des écoles militaires. Ce n’est pas la première fois que ça se passe ainsi avec le monde militaire, puisque ce sont les généraux du Kaiser qui ont inventé le Kriegspiel, ce qui en allemand signifie littéralement : “jeu de guerre” !